Voici un an, alors que la bulle des subprimes explosait au nez de la finance mondiale, pas mal d’analystes auraient volontiers parié que le ralentissement économique qui se profilait se lirait rapidement dans les résultats des SSII. Sur la base de l’expérience du début 2000, où ces dernières avaient été les premières victimes de la réduction des coûts enclenchée par les grands comptes après l’explosion de la bulle Internet, j’y croyais aussi. Un an plus tard, le secteur des SSII montre au contraire une belle résistance à la sinistrose qui s’installe. Ceci vaut pour les géants comme IBM Global Services ou Accenture mais aussi pour les représentants tricolores. Comme le montrent les résultats flatteurs de Capgemini, Atos-Origin ou Sopra. Mais aussi ceux d’acteurs moins gros, comme Bull ou Devoteam.
La stabilité (relative) du bateau des services s’explique par plusieurs facteurs. Certains internes, d’autres externes. Au rang des premiers, je citerai l’évolution du modèle économique des SSII. En poussant les engagements pluri-annuels basés sur l’externalisation (infogérance et BPO), celles-ci se mettent un peu plus à l’abri des coups d’arrêt brutaux. D’autre part, le grand mouvement vers l’offshore – entamé assez tardivement par nos SSII nationales soit dit en passant – amène aux donneurs d’ordre des gains de productivité qu’ils savent difficiles à atteindre si l’envie leur prenait de tenter l’aventure indienne (au hasard, enfin presque…) seuls. Certains s’y sont d’ailleurs frottés et piqués.
Parmi les facteurs externes, je crois qu’il faut garder en mémoire le papy-boom qui décime les équipes IT des donneurs d’ordre et aussi la montée des besoins dans l’administration au sens large, secteur qui avait déjà permis aux services de sortir le tête de l’eau en 2004-2005. De ce côté, la demande reste forte comme le montre la parution en plein cœur de l’été de l’appel d’offres géant pour le futur système financier de l’état, Chorus.
Dans les clous fixés par le Syntec
Résultat ? Alors que l’épreuve de vérité reste à venir – à savoir la définition des orientations budgétaires chez les grands comptes à la rentrée (voir à ce propos notre enquête en partenariat avec NotezIT) -, le secteur des services devrait sans difficulté tenir les objectifs annoncés en mars par son syndicat professionnel, Syntec Informatique. Soit entre 5 et 7 % de croissance. Le cabinet d’étude Gartner s’attend lui à une progression de 5,3 % des services IT en Europe en 2008.
Alors tout est rose ? Bien sûr que non. D’abord parce que la visibilité des SSII reste limitée sur leurs activités non récurrente, les projets. En gros la moitié du total pour les principales. Ensuite, parce qu’ici et là, affleurent des rumeurs sur des abandons ou reports de projets. Enfin, parce que certains fleurons des services à la française donnent des signes de faiblesse. Je pense en particulier à Steria, que la rumeur dit empêtrée dans ses travaux d’intégration de l’Anglais Xansa et qui a connu un premier trimestre 2008 tristounet. Sans oublier l’implosion du groupe Arès, aujourd’hui placé en redressement judiciaire.
Références externes
- reference #1
http://www.lemagit.fr/article/capgemini-ssii-resultats/859/1/capgemini-confiance-2008-prudence-pour-2009/ - reference #2
http://www.lemagit.fr/article/ssii-atos-resultats/844/1/resultats-atos-accelere/ - reference #3
http://www.lemagit.fr/article/ssii-sopra/839/1/resultats-sopra-poursuit-sur-lancee/ - reference #4
http://www.lemagit.fr/article/ssii-supercalculateurs-bull/848/1/resultats-bull-maintient/ - reference #5
http://www.lemagit.fr/article/ssii-devoteam-resultats/860/1/resultats-devoteam-croissance-rapide/ - reference #6
http://enquete.notezit.fr/EN0806/ - reference #7
http://www.lemagit.fr/article/ssii-depense-it-offshore/170/1/syntec-informatique-une-crise-quelle-crise/ - reference #8
http://www.lemagit.fr/article/capgemini-ssii-atos-devoteam-steria-sopra-logica-gfi/363/1/resultats-des-ssii-trimestre-correct-sans-plus/ - reference #9
http://www.lemagit.fr/article/ares/767/1/ares-les-resultats-catastrophiques-ont-mene-depecage/
























“D’autre part, le grand mouvement vers l’offshore – entamé assez tardivement par nos SSII nationales soit dit en passant – amène aux donneurs d’ordre des gains de productivité (…)”
Alors çà ca reste à démontrer, en tout cas rien de systématique…