Alors que le Capital Risque va mal un peu partout dans le Monde notamment comme semble l’indiquer les résultats de différentes études publiées depuis le début de l’année. Le baromètre mondial Coller Capital, publié cette semaine indique par exemple que les fonds de capital risque interrogés se montrent encore relativement confiants dans les capacités de résistance des fonds. En dépit de la crise, seul un quart des équipes de gestion, selon cette étude, ne parviendrait pas à lever de capitaux dans les sept ans qui viennent. Cette étude a été réalisée auprès de 120 professionnels (28 % dans le capital-risque et 23 % dans le LBO). Il y a cependant des chiffres beaucoup plus alarmistes qui circulent et certains prédisent la disparition de 40 % des fonds de capital risque dans les trois ans à venir. Il est vrai que ceux qui se sont engagés dans des LBO importants ont peu de marges de manœuvres. On parle en France de 30 milliards € de LBO qui auraient besoin de refinancement. Dans ce contexte l’ISF comme canal de levée de fond reste une bouffée d’oxygène pour de nombreux observateurs et notamment l’Afic. Pendant ce temps le Sénat débat autour d’une proposition du sénateur centriste Jean Arthuis visant à ramener de 30 à 6 mois le délai d’investissement des fonds ISF et de placement dans les PME. Le texte prévoit aussi de plafonner les marges des intermédiaires et de réduire la main mise actuelle des holdings. L’Afic a du pain sur la planche s’il elle veut influencer positivement les sénateurs et la présidence. Si le débat reste limité à l’ISF le lobbying du capital risque n’a aucune chance au Sénat. Il semble que le pouvoir politique ne souhaite pas avoir à se justifier du bien fondé de cette mesure fiscale et de l’utilisation de l’argent public, surtout sur l’ISF, au cours des prochains rendez-vous électoraux. Pour le monde du capital risque l’enjeu va au-delà et il semble nécessaire que le débat puisse porter sur toute la chaîne du financement de l’innovation et des PME. D’autant que d’après de nombreux financiers il est difficile de parier sur un scénario rapide de sortie de crise et que capital risque ne peut pas miser sur le scénario suivant : « on attend que les liquidités reviennent». Le Sénat semble donc prêt à marginaliser quelques fonds opportunistes. En revanche le pouvoir politique semble ouvert, notamment après les élections européennes, à un débat plus large sur le financement. Il faut en profiter avant les élections régionales.
Quel sera le résultat des discussions au Sénat sur l’ISF?
Une bêta fermée pour l’hyperviseur de Red Hat
Ah, la beauté du modèle open source et de sa transparence, ce modèle collaboratif et ouvert qui participe de la qualité des produits… Prenez Red Hat, le champion du libre, on le croirait tout acquis à ces principes. Et bien pour ce qui est de la virtualisation, il semble en avoir une interprétation très personnelle.
Le premier éditeur mondial de distributions Linux (par le chiffre d’affaire) vient en effet d’annoncer un programme de bêta fermé pour son prochain hyperviseur baptisé Red Hat Entreprise Virtualization (RHEV). Vous avez bien lu. le leader mondial des OS libres a lancé un programme de bêta fermé, et a précisé au passage que ce programme, à peine lancé, était déjà clos du fait de l’intérêt des clients qui se sont “précipités” pour s’inscrire. A sa décharge il n’est pas le seul, Sun nous avait déjà fait le coup pour xVM Server, aujourd’hui porté disparu.
Depuis bientôt un an, Red Hat fait miroiter le lancement d’une offre de virtualisation autonome et multiplie les annonces sans montrer un seul produit. La firme, qui s’était historiquement ralliée à Xen, s’en est éloignée après le rachat de XenSource par Citrix. Depuis elle a misé son avenir dans le domaine de la virtualisation sur KVM, une technologie de virtualisation désormais embarquée dans le noyau et dont elle a racheté le concepteur, Qumranet.
A défaut de mettre la main sur RHEV, on peut se faire une idée des progrès de la firme en matière d’hypervision avec le projet libre oVirt soutenu et financé par RedHat est qui est suposé être au coeur des efforts de développement de RHEV. En principe, une première version de RHEV était attendue pour la mi-2009. C’est en tout cas ce qu’avait laissé entendre Red Hat en février dernier. Il reste encore 13 jours
Citrix XenServer 5.5 est disponible
Citrix a annoncé hier la disponibilité officielle en téléchargement de son hyperviseur XenServer 5.5 (désormais gratuit) ainsi que celle de Citrix Essentials 5.5 for XenServer son offre de management payante autour de l’hyperviseur qui fournit des services additionnels d’automatisation, de gestion du stockage, de haute disponibilité et de répartition de charge dynamique des machines virtuelles.
J’avais déjà pu me procurer une version du logiciel ce Week-End et j’ai pu tester la mise à jour sur un serveur bi-Opteron équipé de puces Barcelona 2347 HE déjà virtualisé sous Xenserver 5.0. L’installation du logiciel s’est déroulée sans problème et en moins de quinze minutes. Il a ensuite fallu mettre à jour les composants paravirtualisés dans chacune des machines virtuelles, un processus qui, là encore, s’est déroulé sans souci pour nos machines virtuelles sous Windows Server 2003 R2, Red Hat 5.2 et CentOS 5.2. Il est à noter que la mise à jour des composants paravirtualisés n’est pas obligatoire mais fortement recommandée pour bénéficier de certaines fonctions de gestion des VM depuis la console XenCenter. Elle est aussi nécessaire pour profiter des gains apportés par les derniers pilotes paravirtualisés développés par Citrix
A mon sens, le principal bénéfice de XenServer 5.5, outre une amélioration annoncée des performances liée au support des fonctions avancées de virtualisation des puces Intel et AMD, est sans conteste le support du snapshot de VM, y compris sur les volumes locaux au format LVM. L’arrivée de fonctions de backup consolidé dans le logiciel devrait aussi grandement simplifier les sauvegardes des environnements XenServer. Je n’ai pas encore eu le temps de tester les nouveaux outils de conversion de VM créées au format VMDK de VMWare ou au format OVF. En revanche la migration de VM en live entre deux serveurs (désormais gratuite) fonctionne sans problème, un vrai atout face à VMWare vSphere 4.0 qui fait encore payer cette prestation.
De l’audace que diable !
L’industrie de l’informatique personnelle va mal. Elle souffre dans ses ventes, en volume comme – sinon surtout – en valeur. Depuis un peu plus d’un an, sous l’impulsion d’Asus, elle s’est même lancée dans une course aux allures de suicide. Je veux bien sûr parler des netbooks, ces ultra-portables à bas coût. Un constructeur, récemment, me le confiait : « on est en train de se tirer une balle dans le pied avec le sourire. » Dans ce contexte, il y en a un qui s’en sort plutôt pas mal : Apple.
Et si les constructeurs de PC ne manquent pas de le railler en public – comme MSI, il y a peu -, en privé, ils manifestent de temps à autre une certaine jalousie. Apple serait ainsi l’un des seuls à réussir à vendre des machines que ses détracteurs ont tôt fait de qualifier de trop chères : à plus de 800 euros. Sur ce segment de prix, Apple s’offrirait même 60 % de parts de marché outre-Atlantique. Une niche, donc, mais rentable. Et qui permet à Apple de regarder de haut ses concurrents ou, à défaut, de leur témoigner tout l’indifférence du monde.
Car, en dessous de cette barre des 800 euros, ils sont une dizaine à batailler pour nos portefeuilles de consommateurs exsangues, tirant inlassablement le marché vers le bas. Une logique qui, cependant, touche clairement à ses limites. Las, pour se différencier, les constructeurs de PC manquent de moyens.
Souvent, les efforts de conception technique ont été confiés à des sous-traitants : les incontournables Compal, Quanta, etc. comme me le faisait remarquer un constructeur asiatique il y a peu. Ces sous-traitants fournissent des machines pré-assemblées aux constructeurs ; il ne reste grosso modo plus qu’à ajouter RAM, processeur, et disque dur. On l’a vu chez Lenovo, dans son usine d’assemblage de Lianxiang, à Shanghai. Avec les fondeurs – et Intel en particulier, ces temps-ci – ces sous-traitants tiennent les rênes du marché et disposent de la capacité de faire ou défaire des constructeurs. En 2006, déjà, le cabinet iSuppli estimait à plus de 82 % la part d’ordinateurs portables dont la conception avait été déléguée à un sous-traitant, par son constructeur… Et ces derniers suivent, inlassablement. Enchaînant les renouvellements de gammes plus atones les uns que les autres.
De l’audace ai-je envie de leur crier ! Par pitié, surprenez-nous ! Seulement voilà, pour l’un de ces constructeurs de PC avec lequel j’évoquais récemment le sujet, « c’est trop risqué de partir tout seul dans une autre stratégie. » Le syndrome du mouton de Panurge ? En tout cas, c’est trop risqué « pour les actionnaires ». Ne serait-ce que parce que cela signifie investir pour renverser la vapeur sur la politique de R&D, sans garantie d’adhésion du marché… Avec, en parallèle, le risque de se laisser dépasser par d’autres concurrents qui auront tôt fait de profiter d’une place potentiellement laissée vacante sur ce marché de masse du PC portable à moins de 800 euros. Certes, l’innovation pourrait se faire par le logiciel. HP l’a bien compris avec l’interface tactile maison de ses TouchSmart ou encore la surcouche MIE de ses netbooks sous Linux. L’intérêt soudain de quelques constructeurs de netbooks pour Moblin et Android n’est d’ailleurs probablement pas innocent. Peut-être même que, cette fois-ci, le besoin qu’ont les constructeurs de se démarquer empêchera Microsoft de couper l’herbe sous le pied à Linux comme il a réussit à le faire avec les premiers netbooks et sa licence Windows XP bradée (env. 12 $).
Mais il faut aussi compter avec l’effet psychologiquement paralysant de la conjoncture… « mais c’est la crise ! » Justement, c’est peut-être maintenant ou jamais. Pour certains, du moins.
Premières captures d’écran de Coyote pour iPhone
La version logicielle, pour iPhone, du célèbre avertisseur de radars Coyote devrait finalement arriver sur l’App Store début juillet – la date exacte dépendant du processus de validation d’Apple, comme l’explique Jean-Marc Van Laethem, directeur technique de Coyote Systèmes.
Comme le montre une première capture d’écran fournie par Coyote Système, l’écran, sans radar proche, affiche, sur les autoroutes et routes nationales, 40 km d’information en aval de la position de l’iPhone, sur le même axe routier, avec les radars fixes et mobiles à venir, le nombre d’éclaireurs et leur localisation par tranche de 10 km, et enfin la distance séparant de l’éclaireur le plus proche, devant. Petite précision : les éclaireurs sont les utilisateurs Coyote passés sur le même axe routier dans la dernière demi-heure.
La seconde capture fournie par l’éditeur présente l’avertissement radar avec vitesse du véhicule, vitesse limite, distance avant le radar, etc. Les distances d’alerte et le type d’alerte (sonore, visuelle) sont paramétrables par l’utilisateur.
Reste la question de la commercialisation de ce qu’il conviendrait d’appeler iCoyote. L’éditeur s’oriente vers de l’achat à l’acte dans le logiciel même, profitant des assouplissements proposés par Apple avec l’iPhone OS 3.0.
Dans un marché très concurrentiel, Coyote entend proposer son application avec une période d’essai gratuit de 90 jours. De quoi, pour lui, profiter à plein de la période des vacances d’été pour fidéliser une clientèle nouvelle et même capter des utilisateurs dans les communautés concurrentes.
Une concurrence exacerbée
Mais l’été devrait voir les éditeurs de logiciels avertisseurs de radars se livrer une bataille acharnée et sans merci. Visialis doit soumettre à Apple une nouvelle version d’Avertinoo ce week-end – version « qui change vraiment la donne », selon Sébastien Poulet Mathis. Comme Philippe Pénide, de Sentinelle Radar, il dit avoir « anticipé » l’arrivée de Coyote sur le marché, arrivée annoncée dans ces colonnes mi-mai. Mais Sébastien Poulet Mathis affiche sa sérénité : « l’arrivée d’Alerte GPS ne nous a pas dérangés ; on s’attendait à un effet plus marqué. » Une nouvelle version de Sentinelle Radar doit également arriver d’ici 8 à 10 jours. Elle sera entièrement gratuite à l’exception de fonctions temps réel « au prix plancher de l’App Store pour l’abonnement mensuel », un prix qu’Apple n’aurait pas encore totalement arrêté. Et de revendiquer, pour son logiciel existant, une communauté d’utilisateurs en croissance rapide qui approche les 100 000.
Chez Visialis, Sébastien Poulet Mathis s’interroge néanmoins sur deux points : la rapidité de migration des utilisateurs d’iPhone 3G vers l’OS 3.0 qui, seul, permettra la mise en place des stratégies commerciales de Coyote et de Sentinelle Radar. Et puis, pour l’éditeur d’Avertinoo, il faudra aussi compter sur ce poids lourd que représente TomTom et qui a profité d’une mise en avant remarquable lors de la conférence d’ouverture de la conférence développeurs d’Apple, la WWDC, ce lundi, à San Francisco.
Smartphones : Symbian et Windows Mobile, en sursis ?
Que restera-t-il de la part de marché de Windows Mobile dans les Smartphones lors du lancement de sa très attendue version 7, fin 2010 ? Je sais, c’est un peu provoc’ comme question. D’autant plus que, si l’on en croît Gartner, Windows Mobile se porte mieux que Symbian. Au dernier trimestre 2008, ce dernier a vu ses ventes reculer de près de 22 % sur un an, contre une progression de 7,8 % pour Windows Mobile. Une croissance néanmoins très en retrait par rapport à celles de RIM (+84,9 %), de Mac OS X (+111,6 %) ou encore de Linux (+19,4 %).
Mais, la semaine dernière, de passage à San Francisco pour le salon JavaOne, j’ai de nouveau évoqué l’incontournable marché des Smartphones avec quelques confrères et autres constructeurs de terminaux mobiles alors que le centre de conférence Moscone de la ville se préparait déjà pour la conférence développeurs d’Apple, la WWDC, qui s’y tient actuellement.
Et le bilan de ces échanges n’a rien de brillant. Souvent, tout partait de cette question : « et le Palm Pré, peut-il faire de l’ombre à l’iPhone ? » Le Pré, Palm l’a lancé le week-end dernier de l’autre côté de l’Atlantique. Avec l’ambition de se (re)faire une place sur le marché des Smartphones et de leurs OS. Très franchement, je ne sais pas. Mais je relève que cette question accorde implicitement une position de leader à l’iPhone : on ne demande pas si le Pré fera du tort à Windows Mobile ou à Symbian. Un peu comme si, pour ces deux-là, le tort était déjà fait. Par d’autres, l’iPhone et Android (qui comptait, selon Gartner, pour environ 20 % des ventes de mobiles Linux au dernier trimestre 2008) en l’occurrence.
Les constructeurs de Smartphones, de leur côté, et certains asiatiques en particulier, s’acharnent sur Windows Mobile 6.1. Et de multiplier les efforts de développement de surcouches logicielles pour rendre l’OS de Microsoft moins vieillot, plus sexy, voire tout simplement plus utilisable. Car, en coulisses, beaucoup le reconnaissent, lorsqu’un journaliste s’avère critique face au tout dernier prototype qu’on lui présente : « ben oui, c’est Windows Mobile… et ce n’est qu’une surcouche logicielle. » Et certains d’esquisser un regard approbateur à la remarque sans concession : « je ne comprends toujours pas pourquoi vous ne vous engouffrez pas plus fortement dans la brèche ouverte par Android. » Eux non plus ne semblent pas vraiment comprendre.
Certes, si l’on en croît Gartner, les surcouches de Samsung, pour son Omnia, et de HTC, semblent plutôt séduire, au moins au moment de l’achat – le cabinet attribue d’ailleurs largement à ces deux constructeurs la progression séquentielle des ventes de terminaux Windows Mobile au cours des trois derniers mois de 2008. Et, bien sûr, Windows Mobile a ses niches, professionnelles notamment. Mais pour combien de temps ? Assez pour se renouveler et résister à la pression de l’iPhone, des Blackberry – dont la croissance s’est accessoirement déjà faite, par le passé, au détriment des terminaux Windows Mobile… -, des appareils Android, ou encore du Pré ?
Pourquoi est-ce si long d’investir les 1,1 Md€ de l’ISF dans les PME ?
Selon un article des echos.fr paru mardi 2 juin, seulement 800 millions sur 1,1 Md€ de la collecte achevée le 15 juin 2008 auprès desassujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a été investi dans des PME/PMI. Pour rappel, les assujettis à l’ISF ont la possibilité d’investir dans des PME/PMI en échange d’une réduction d’impôt, à hauteur de 50 % ou 75 % des souscriptions selon les cas. Comme le soulignent les chiffres ci-dessous cités par les echos.fr, cette mesure fiscale avait permis en 2008 de lever pour le financement des entreprises 1,16 Md € auprès d’un peu plus de 566 000 contribuables. Le fait qu’un quart de ces montants ne soit pas encore investi n’est pas en soi une surprise. Les fonds ISF ont jusqu’à fin 2010 pour placer dans les PME les fonds collectés en 2008.
Ceux qui ont fait un investissement direct dans une PME/PMI ou via une holding n’ont pas tellement le choix, puisqu’après le 15 juin cela ne sera plus possible de profiter de cette réduction d’impôt. En revanche, cela semble beaucoup plus long – et surtout compliqué – du coté des montants gérés par les fonds d’investissement de proximité (359 millions d’euros) et les fonds communs de placement dans l’innovation ou à risque (174 millions d’euros), comme le souligne les echos.fr dans son article.
Pourquoi est-ce long ?
Tous les gestionnaires de ces fonds vous le diront avec franchise, c’est long parce qu’il est nécessaire de bien étudier les dossiers. Et ce n’est pas parce que Bercy avait signé une convention en avril avec les institutions financières pour accélérer le mouvement, que celles-ci ont augmenté les « due diligence ». Des générations d’investisseurs formés à l’école du TRI (Taux de Retour sur Investissement) ont appris à travailler avec prudence sur leurs dossiers d’investissements. Pour la plupart de ces investisseurs, la prudence et la mutualisation des risques avec d’autres investisseurs permet de garantir une meilleure pérennité des investissements. Je me mets, par exemple, à la place des gestionnaires de portefeuille d’Arkeon Finances qui se sont offerts dans l’édition du journal Le Monde une très belle page de publicité. Leur publicité vante 50 sociétés et propose aux assujettis en 2009 à l’ISF de souscrire aux augmentations de capital des sociétés présentées. Une fois que les montants seront collectés, l’allocation des investissements va sûrement prendre du temps. Sur qui doivent-ils miser ? Comment évaluer les chances de succès de chacun dans le contexte économique actuel ? Est-ce que l’on peut compter sur le refinancement des capital risqueurs historiques ? Est-ce que le marché action va repartir ? Les crédits LBO vont-ils redevenir abordables ?
Toutes ces questions, les investisseurs se les posent dès lors qu’ils engagent l’argent de leurs actionnaires, alors pourquoi ne feraient-ils pas de même avec l’argent de l’ISF ? Dans ce contexte, il est difficile d’être surpris par le retard pris dans l’allocation des montants levés autour de l’ISF. On ne peut pas blâmer les gestionnaires de fonds : ils ne font finalement que ce qu’ils savent faire à savoir essayer de gagner de l’argent. Pendant que le Sénat va débattre sur de nouvelles règles du jeu et que l’on va préparer les mesures fiscales ISF de 2010, est-ce que le gouvernement arrivera à imposer d’autres règles et à travailler un peu plus en transparence avec les fonds d’investissement ? Car un des sujets de débat actuel, c’est aussi de pouvoir analyser l’impact en terme de création d’entreprises innovantes et d’emplois. En clair, il serait dommage pour la politique fiscale du gouvernement que seulement quelques dizaines de sociétés – à fort potentiel de Taux de Retour sur Investissement - concentrent la majorité des montants ISF récoltés par les investisseurs en 2008 et 2009. Si on doit éviter de reprocher à ces fonds de travailler selon leur nature, les pouvoirs publics doivent continuer à réfléchir sur le financement de l’innovation, des jeunes entreprises et des PME. Il ne faudra pas hésiter à faire un bilan avec les acteurs du capital risque français. On ne peut pas demander à ces fonds de raisonner en terme de création d’emploi, en revanche on peut empêcher que certains fassent des coups et que finalement cette mesure disparaisse.
Avec quelques petits réglages, il y a une très belle opportunité. Celle de financer avec quelques acteurs bien sélectionnés des projets réellement innovants et redonner envie à des investisseurs institutionnels de prendre des risques. Cela serait un formidable outil de promotion du financement à la française auprès des investisseurs étrangers.
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