[mise à jour : consultez ici le résultat d'un échange téléphonique avec Tristan Nitot, à la suite du billet ci-dessous]
Au travers de billets et d’entretiens, Tristan Nitot a largement exprimé tout le mal – et tout le bien – qu’il pense de l’iPad. Avec, en point d’orgue, un reproche : l’iPad est, selon lui, un ordinateur (ou pas, son avis semblant osciller entre son premier billet de blog sur le sujet et l’interview accordée à Mac4ever) ; il se doit donc d’être ouvert mais, dans les faits, ne l’est pas, que ce soit en raison de la politique d’Apple vis-à-vis du Jailbreak ou encore de sa mainmise sur son AppStore.
Autant, par certains aspects, je comprends sa logique. Autant, par d’autres, je la trouve extrémiste. Et juste pour le plaisir de la contradiction, je vais me concentrer sur la seconde partie. Tristan Nitot part du postulat selon lequel l’iPad est un ordinateur. Mais quand bien même l’iPad emprunte à l’ordinateur de nombreuses caractéristiques, est-il seulement juste, sinon pertinent, de vouloir y voir un ordinateur ? A titre personnel, je l’ai déjà dit : l’iPad est un produit. La réalité, c’est qu’il n’est pas que cela : ses fonctions ne constituent pas un ensemble fini. Les applications de l’App Store sont bien là pour le prouver. Mais cela suffit-il à en faire un ordinateur ? Peut-être pas, justement.
De la même manière que de nombreux équipements informatiques professionnels – les appliances – empruntent beaucoup à l’ordinateur et au serveur tout étant à la fois plus et moins. Plus de spécialisation, plus de performances sur certaines fonctions ; moins de polyvalence et moins d’ouverture. Et tant pis si une appliance n’a, de l’extérieur, que l’apparence d’une boîte à pizza signée Dell, prête à ranger dans un rack. Personne ne s’amuserait à faire à Dell un procès d’intention pour si peu. À mon sens, l’iPad n’est rien d’autre qu’une appliance dont il est possible d’étendre les fonctionnalités suivant un processus très contrôlé. Bref, une logique que l’on connaît dans le milieu de l’entreprise, transposée au grand public.
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