Alors que la crise a donné un nouveau coup de booster à l’externalisation (infogérance, BPO, TMA) aux dépens du modèle traditionnel de la régie, la SSII Logica organisait la semaine dernière une conférence sur les nouveaux modes de contractualisation. Une façon pour le “presta” de faire passer le message que les contrats seulement pilotés par les coûts ne sont pas une voie d’avenir… même s’ils rythment aujourd’hui l’actualité. Il sera d’ailleurs intéressant de voir le devenir de ces contrats, les donneurs d’ordre ayant “tordu le bras” de leur prestataire lors de la signature du contrat ne l’emportant pas toujours au paradis, mais c’est une autre histoire.

Invitée lors de cette matinée donc, Elisabeth de Maulde, directrice générale du cabinet PAC, expliquait ainsi : “les SLA (engagements sur les niveaux de service, NDLR) sont aujourd’hui généralisés, mais les modes de  contractualisation vont encore se perfectionner, en direction de trois modèles : le partage des gains sur l’activité – un mode qui s’applique plus au BPO qu’à l’IT -, le partage des performances (en matière d’optimisation, NDLR) et les systèmes de bonus/malus”.

Des équipes mixtes, des objectifs communs

Des contrats du 3ème type illustrés par quelques exemples intéressants, fournis par Logica. Thierry Siouffi, responsabilité des activités d’externalisation de la SSII en France, a ainsi mis en avant l’exemple de Michelin : “le contrat intègre un indicateur de performances sur le nombre de bonnes pratiques que nous apportons au donneur d’ordre. Avec un objectif de 2 par an. Mais, dès la troisième, nous touchons une prime substantielle”. Et le dirigeant de plaider pour “dépasser la seule logique des pénalités (en cas de non respect des SLA, NDLR)”. Toujours sur le contrat de gestion de l’applicatif du fabricant de pneumatiques (découpé en dix lots, que se partagent quatre prestataires ou consortiums ; quatre lots revenant à Logica), le dirigeant met en exergue une forme de “co-management” : “ce dispositif permet une co-responsabilisation, avec des équipes mixtes dont l’évaluation est fondée sur des performances communes, partagées par la SGSI (acronyme de la DSI de Michelin, NDLR) et par les quatre prestataires. On ne travaille plus en silos”. Ce principe fondateur est accompagné d’une évolution graduelle des indicateurs, passant de critères purement techniques à des critères plus orientés vers les métiers du donneur d’ordre.

Thierry Siouffi va un peu plus loin en mettant en avant un exemple, toujours relatif au contrat Michelin, lors d’une interruption de la charge sur un des pans du contrat (la CRM) : “on a fait en sorte que le projet se poursuive, en maintenant pendant quelques mois l’équipe de 15 à 20 personnes qui travaillait sur le sujet. Et ce sans jouer les clauses contractuelles.” S’il n’a pas répondu à ma question directe lui demandant si Logica avait pris à sa charge les intercontrats nés de cette interruption de la charge, le dirigeant a clairement laissé entendre qu’en cette occasion, la SSII n’avait pas fait tourner la planche à avenants.

Partenariat ? Méfiance…

Bien sûr, le discours peut laisser sceptique (au mieux) tous ceux qui ont l’habitude d’entendre le mot partenariat dans la bouche des commerciaux de SSII, promesse enterrée au premier accroc qui ne manque jamais de se produire dans les contrats d’outsourcing ou d’intégration au forfait. Par le passé, de nombreux dirigeants se sont mordus les doigts d’avoir adhéré à ces visions idylliques du partenariat équilibré.

Le discours de Logica est tout de même révélateur du climat actuel, où la logique du moins-disant pousse justement les SSII à se rattraper au second round, donc à faire tourner la planche à avenants. Yves Marchant, en charge des achats transverses de GDF-Suez (un service de 75 personnes, contrôlant un budget de 2 milliards d’euros), lui aussi présent à cette matinée, témoigne d’ailleurs d’une forme de prise de conscience des limites du contrat âprement négocié : “le système de forfaitisation classique amène des tensions. Nous allons évoluer vers des dispositifs de bonus/malus, avec des notions de partage des bénéfices”.

Bien sûr, vos réactions/expériences en la matière avec des prestataires sont les bienvenues…

Références externes

  1. reference #1
    http://www.lemagit.fr/article/atos-ibm-wipro-sopra-accenture-logica/537/1/michelin-decoupe-externalisation-ses-applicatifs/

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