L’inconvénient des crises brutales – comme celle que nous traversons depuis septembre -, c’est qu’elles ne laissent pas le temps à l’oubli de s’installer. Voici quelques semaines seulement, les entreprises de l’IT, fournisseurs et SSII, multipliaient les déclarations lénifiantes sur leur volonté d’être des acteurs responsables. “Corporate citizenship”, affiché partout en gros caractères dans les rapports annuels. Pratiques écologiquement, socialement, économiquement responsables d’autant plus proclamées qu’elles devenaient un argument pour séduire de jeunes diplômés devenus ressource rare, donc convoitée.
Depuis, la crise est passée par là et les beaux discours se font moins audibles. Au premier vent contraire, le premier éditeur mondial, Microsoft, a ainsi renvoyé 5 000 personnes. Certes, le bénéfice de la firme diminue mais il reste confortable (plus de 4 milliards de dollars en trois mois). On ne sent pas la survie de l’éditeur menacé ! Les prochaines semaines, rythmées par les résultats annuels des grands noms du secteur, seront l’occasion de mesurer si les beaux discours de 2008 n’étaient que poudre aux yeux…
Une mauvaise image gommée peu à peu
En France également, les SSII ont en 2009 l’occasion de montrer qu’elles ont éradiqué – au moins pour la majeure partie d’entre elles – les pratiques détestables qu’elles avaient mis en œuvre lors des années 2002-2004 pour “ajuster” leurs effectifs. Missions bidons, pressions en tous genre : tout était bon pour pousser les intercontrats vers la sortie. D’ailleurs, ces années noires ont laissé des traces dans les écoles d’ingénieurs : ce n’est pas un hasard si plusieurs promotions se sont détournées des SSII, suite aux “anecdotes” rapportées par les anciens. Les SSII ont ensuite beaucoup ramé – et dépensé – pour remonter la pente. A elles de prouver aujourd’hui que la leçon du cycle économique précédent a porté. Rien n’est moins sûr.
Selon les chiffres que s’est procuré le Munci (Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens) auprès de l’Unedic, les sociétés répertoriées sous le code NAF 72 (SSII, éditeurs, sociétés de conseil en technologie…) ont encore licencié environ 10 000 personnes en 2007, majoritairement pour motifs personnels. Mais le rapport licenciements / effectifs de la branche est passé de 6.16 % en 2003 à 2.77 % en 2007.
Références externes
- reference #1
http://www.lemagit.fr/article/microsoft-windows-resultats-licenciements-crise-netbooks/2302/1/microsoft-ralenti-mais-tres-profitable-remercie-000-salaries/






















Si les discours et les faux semblants laissent la place aux passages à l’acte, alors c’est vraiment une conséquence positive de la crise ! Je crois que, contrairement à la situation 2002-2004, tout est aujourd’hui réuni pour favoriser la responsabilité et la solidarité dans les entreprises de service.
Un exemple : la loi Aillagon de 2003 et les superbes économies d’impôts qu’elle octroit aux entreprises qui font des dons aux associations d’intérêt général.
De plus, les difficultés de recrutement des années suivantes ont montré qu’une réputation d’employeur exemplaire ne se construit pas en un jour. J’ai pu identifier 20 enquêtes professionnelles et études scientifiques qui confirment qu’une entreprise à forte “Responsabilité Sociale” dispose d’un véritable avantage concurrentiel, notamment parce qu’elle pourra attirer de meilleurs diplômés, mais aussi parce qu’elle fidélise mieux ses meilleurs talents. Plus d’infos ici :
http://www.akasig.org/2009/01/02/marketing-rh-et-communication-des-ssii-lefficacite-de-la-rse-en-matiere-de-recrutement/
Enfin, les clients des SSII ont également leur mot à dire pour aider les pratiques à changer : les questionnaires “développement durable” (“que faites-vous pour les autres ?”) sont apparus dans de grands appels d’offre, à commencer par ceux du secteur public. Bref, je crois que la saison des SSII responsables s’annonce pour bientôt, soyons optimistes !
– Jean (http://www.wecena.com/)
Le wecena, mécénat de compétences en informatique