Plus question d’échapper… à la question. Après les déclarations des patrons des deux plus grandes SSII hexagonales (Paul Hermelin pour Capgemini et Philippe Germond pour Atos), l’impact du redéploiement offshore des prestataires nationaux sur l’emploi est devenu un thème central. Je faisais déjà part de mes interrogations à ce sujet, notamment de la capacité de notre système éducatif à s’adapter rapidement à la nouvelle donne, dans un précédent billet.
Lundi (de rentrée) dernier, c’était au tour de François Enaud, le patron de Steria, d’être passé sur le grill. Un François Enaud qui s’attendait peut être à plus de questions sur les ratios financiers de la SSII qu’il dirige (Steria présentait ses résultats au premier semestre 2008) ou sur les perspectives de l’activité de sa SSII en France et en Grande-Bretagne, deux pays où elle a connu un semestre un peu plus difficile que prévu. Mais non : c’est bien sur les recrutements en France que portait l’essentiel des questions.
Avec, pour Steria, une vision différente de Cap ou d’Atos. Là où ces deux acteurs prévoient une quasi-stabilité de leurs effectifs en Europe continentale, Steria envisage de continuer à accroître ses forces sur le Vieux Continent. « Quand nos effectifs augmenteront de 100 personnes, a dit François Enaud, 60 % seront situées offshore et 40 % dans le pays où est commandée la prestation (onshore en jargon SSII, ndlr) ».
J’ai alors voulu savoir quels étaient les profils qui continueraient d’être recrutés dans l’Hexagone et si notamment ces profils comprendraient toujours des débutants. Voici ce qu’a répondu François Enaud : « nous recrutons actuellement 30 à 40 % de débutants et nous souhaitons nous maintenir aux environs de ce taux. Mais nous recherchons plutôt des profils issus d’écoles d’ingénieurs mieux classées, d’écoles de commerce ou des profils ayant une première expérience métier ». Bref, des compétences où la dimension management ou métier apparaît clef.
En creux, apparaissent deux risques de déséquilibre, sachant que de nombreuses SSII arrivent aujourd’hui aux mêmes réflexions. Un afflux d’offres vers les écoles prestigieuses ou ayant su s’adapter rapidement à la nouvelle donne, via une réorientation des cursus et un accent plus fort placé sur la première expérience (souvent intégrée au cursus). Et une désaffection pour des écoles d’ingénieurs notamment, qui n’auraient pas su distinguer rapidement cette inflexion des besoins.
Note : sur notre page d’accueil, un sondage pose en ce moment la question suivante « La montée en puissance de l’offshore a-t-il ou aura-t-il un impact sur votre carrière ? ». Même si cette opération est encore en cours, plus de 80 % des personnes ayant participé répondent pour l’instant par l’affirmative.
Références externes
- reference #1
http://www.lemagit.fr/article/ssii-steria-xansa-resultats-bpo/950/1/resultats-toujours-convalescent-steria-tarde-digerer-xansa/ - reference #2
www.lemagIT.fr





















